Centrafrique: Rencontre de Faustin Archange Touadera et les chefs de quartiers de Bangui

Cette rencontre a pour objectif de permettre aux deux parties c’est-à-dire au gouvernement et aux chefs de quartiers d’échanger sur les difficultés que ces derniers rencontrent en ce qui concernent l’exécution de leur mission dans les 8 circonscriptions de la capitale. Plus de 200 chefs de quartiers ou leurs représentants ont pris part à cette rencontre organisée sous l’instruction du chef de l’Etat qui a bien voulu placer le dialogue au centre de sa politique de reconstruction du pays. Après l’allocution du chef de l’Etat, la parole était donnée aux représentants des 8 arrondissements de Bangui pour présenter les uns après les autres la situation de leur circonscription respective. D’entre les 8 circonscriptions en liste, la situation des 3 e, 4 e et 5 e arrondissements  semblent les plus préoccupants par rapport aux autres arrondissements de la capitale. Le représentant du 3e arrondissement a évoqué la situation de l’inexistante quasi-totale de l’autorité de l’Etat ainsi que l’absence des services sociaux de base tels les établissements scolaires et les centres de santé, totalement délabrés après les nombreuses crises militaro politiques qu’a connu le pays. Le 3e arrondissement de Bangui demeure la seule circonscription d’entre les 8 qui n’a pas de commissariat, sachant qu’elle est le secteur où l’insécurité est la plus rependue. Les stupéfiants dont la consommation est interdite par les autorités du pays se vendent à découvert par certains commerçants de la localité qui n’ont aucune crainte vis-à-vis du gouvernement. C’est un domaine de la jungle où la loi du plus fort prime. Pour le représentant du 5e arrondissement, plus de 800 bâtiments privés et publiques ont été délabrés ou cassés par les hommes armés lors des conflits intercommunautaires qui se sont déroulés sur toute l’étendue du territoire. L’avenue KOUDOUKOU stratégiquement économique n’est plus fréquentée par les taxis et bus saufs les taxis moto qui permettent à la population riveraine de se déplacer. L’avenue de France qui sépare le 3e et le 5e arrondissement de Bangui est laissée pour compte et devient donc impraticable par les usagers à causes de leur état de dégradation très avancé. Les lampes électriques qui permettaient à la population de circuler la nuit ne servent plus à rien si ce n’est que pour maintenir les câbles électriques qui alimentent les ménages dans les quartiers. Enfin, les derniers points les plus importants lors de ce débat sont les questions de l’autorité des chefs de quartiers longtemps foulée au pied par l’ensemble de la société, ainsi que le payement de leurs arriérés de salaires qui remontent à plus de 5 mois. Pour répondre à cette question, le chef de l’Etat a souligné en conclusion qu’il a mis en place une politique de décentralisation ou de gouvernance locale qui permettra de restaurer l’autorité des chefs de quartiers pour ne pas dire celle de l’Etat. Et que les ministres de finances et de l’administration du territoire, selon le chef de l’Etat, sont instruits de suivre l’évolution des dossiers afin de permettre leur évacuation rapide.                                                                    Fridolin